En ce début d’année deux mille quinze, j'ai pensé qu'il était temps de raconter ma vie. Peut-être qu'un jour des personnes seront tentés de la lire et finiront peut-être par comprendre ce que je refuse d'exprimer ou les raisons qui me poussent à être telle que je suis aujourd'hui. Pour commencer, je vais me présenter, je m'appelle Romy Lemon Hooper. Mon prénom vient de la célèbre actrice Romy Schneider que ma mère admirait par dessus tout, mais je vais éviter de m'attarder sur ce détail. J'ai vu le jour le six décembre mille neuf cent nonante à Londres, ville d'origine de mes parents. Et afin de mieux me comprendre je vais essayer de vous expliquer ma personnalité et mon caractère: La solitude, je dois vous avouer que je connais bien ce que cela signifie. Passer des heures dans un parc avec pour seule compagnie un bloc de feuille et un crayon, pour moi c’est mon passe-temps préféré. Je sais qu’avant j’étais quelqu’un de sociable dont la bonne humeur était comme une maladie contagieuse qui rendait mes interlocuteurs plus agréable, j’avais toujours le sourire aux lèvres mais ça c’était avant… Dans la vie, des évènements vous force à devenir des êtres si différents de ceux que vous avez l’habitude d’être. Moi c’est ce qui m’est arrivé. Depuis le jour où je suis devenue orpheline, la vie a perdu tout son sens et seule ma passion pour le dessin et mon métier de restauratrice rende ma vie agréable à vivre. J’ai la chance de beaucoup voyager, et cela m’aide à éviter de trop m’attacher aux gens. Perdre les êtres que vous aimez le plus au monde, vous force, quelques fois, à prendre vos distances avec ceux que vous aimez encore parce que vous avez peur de les perdre aussi. Malgré tout, je ne passe pas ma vie, coupé du monde entier, j’ai des amis. Et pour eux, qui sont si peu nombreux, je me force à être vivante et amicale. J’essaye de sortir, d’avoir l’air d’une fille normale qui aime la vie. Je me dis qu’à force je finirai sans doute par l’aimer à nouveau, peut-être quand j’aurai une nouvelle famille…Dans tout ce que j’entreprends, j’ai l’habitude de me donner à fond dans ce que je fais, ça me permet de me sentir utile. De par ma formation de restauratrice, je suis obligée de m’appliquer, d’être minutieuse afin que tout, mêmes les plus petits détails soient parfaits. Et dans la vie de tous les jours, cet aspect de ma personnalité y a trouvé sa place. Je ne sais pas faire quelque chose à moitié, je me donne toujours à fond pour arriver à une sorte de perfection qui me satisfait amplement. Même si je suis solitaire, dans mon monde la plupart du temps, je reste une demoiselle féminine. J’adore la mode et je pense que mon dressing peut prouver mes dires. Et ma réelle addiction dans le monde de la mode sont les chaussures. J’ai même arrêté de les compter. Je mesure presqu’un mètre septante, ce qui me place dans la moyenne mais me permet surtout de mettre tous les talons que je souhaite. C’est tellement plus agréable de voir une jeune femme fière de sa féminité que cacher sous des vêtements qui ressemblent à rien. Même si je parais fragile, je reste quelqu’un de forte au fond de moi. Je ne suis pas naïve et je ne me laisse pas faire. De plus j’ai la rancune tenace et n’oublie jamais les coups bas. Je ne me venge presque jamais mais je ne pardonne que rarement. Et il faut éviter de me tester, je n’ai pas ma langue dans ma poche et je trouve toujours les mots qui blessent. Par ailleurs, avec les gens qui le méritent, je suis très agréable et facile à vivre. Je ne me mêle jamais de rien, je vis au jour le jour, ne me prenant que rarement la tête.
Mais revenons-en à ce qui nous intéresse, c’est-à-dire mon histoire. Après de nombreuses années passées à essayer d’avoir un enfant, ma maman a fini par me donner le jour. Pour mes parents j’étais un vrai petit miracle et ils me l’ont montré durant les moments que j’ai pu passer avec eux. Fille unique, j’ai toujours eu ce que je voulais. J’ai eu la chance d’être la fille d’un avocat et d’une psychologue et grâce à mes parents, j’ai eu la vie facile. En même temps, ils m’ont donné une éducation tellement exemplaire que je n’ai pas exagérée de cette facilité financière qui s’est offert à moi. Pour les premières années de ma vie, je n’ai pas grand-chose à raconter, je suis allée à l’école comme tous les enfants. J’aimais bien l’école ce qui me facilitait la vie, j’avais des amis, d’excellents résultats, une parfaite en quelques sortes. Quand j’atteins cinq ans, j’eus envie de commencer une activité extra-scolaire. Et comme quelques amies de mon école, je commençais la danse classique. Et alors que je ne m’y attendais pas, ce sport fut une vraie passion pour moi et sans vouloir être trop modeste, j’étais plutôt doué. Et je me donnai à fond dans cette discipline dans laquelle je m’épanouissais. Mais comme on dit toutes les bonnes choses ont une fin…
L’année 2004 fut la pire année de toute ma vie, encore aujourd’hui, elle a des conséquences sur ce que je suis. Pendant les vacances de Noël mes parents décidèrent de prendre un peu de temps pour eux et partirent en Thaïlande afin de se retrouver un peu. Pendant ce temps je restais chez mes grands-parents. Le jour de Noël, grâce à internet et la possibilité de discuter avec des gens du bout du monde, je pris le temps de parler à mes parents pour leur souhaiter un joyeux noël et les voir un peu. Etant très proche d’eux, c’était difficile de ne pas pouvoir les serrer dans mes bras pour les fêtes de fin d’années. Mais cette « vidéoconférence » fut la dernière fois où je vus mes parents. Ils firent partie des plus de 200 000 victimes du Tsunami de cette horrible journée du vingt-six décembre deux mille quatre. Pour moi ce fut la pire nouvelle qui fut, je n’ai jamais pu faire le deuil de mes parents. Après tout ce temps, leur corps n’a jamais été retrouvé et je n’ai jamais compris ce qu’il c’était passé. Et pour une adolescence c’est très difficile à vivre. En parler encore aujourd’hui, c’est très pénible d’où je ne veux pas m’éterniser sur ce sujet.
Mes grands-parents ont été très présents pour moi et m'ont recueillie. J'étais orpheline et ils ne voulaient pas que je finisse dans une famille avec des inconnus et même si c'était dur pour eux, ils m'ont aidé à reprendre goût à la vie. Je ne fus plus jamais la même, la solitude fut ma meilleure amie depuis. Je me suis coupé de tous mes amis et j'ai même arrêté la danse, n'ayant plus l'envie de continuer. Le goût de la nourriture m'abandonna aussi et je perdis quelques kilos ce qui inquiétait mon entourage. Pourtant même si l'envie n'était pas là il fallait continuer à vivre, à avancer. Et par habitude j’enchaînais les petites routines quotidiennes et la vie continua à passer. Dans le but de me permettre d’aller mieux et de changer de vie, mes grands-parents décidèrent de quitter l’Angleterre pour rejoindre les Etats-Unis, pays où grandit ma grand-mère. Ce changement me fit un bien, les gens connaissaient pas mon histoire et ce fut bien plus simple pour moi de ne pas devoir toujours répondre aux : « Tu vas bien ? » Question que je déteste encore maintenant.
Malgré tous les soucis de la vie je continuais à être une bonne élève. Me plonger dans mes cours et mes études étaient pour moi le seul moyen de me sentir bien. Et quand fut le moment d'entrer à l'Université, j'ai postulé partout où je le pouvais dans l'espoir d'entamer mes études d'Histoire et d'Archéologie. Ce fut Harvard qui m'accepta et j'étudie dans cette université depuis quatre ans maintenant.