TIRANA, ALBANIE + six ans, Domicile Hoxha le 11 mai 1996 « Elle parle avec qui maman ? » Demanda-t-elle en regardant son père qui était occupé à écrire un article pour le journal où il travaillait. Son père avait une cigarette dans la bouche, les lunettes style Raybans et à chaque fois qu'il devait écrire un nouvel article il mettait un chapeau et lorsque Dëshira lui demandait pourquoi le chapeau, il lui répondait : « Jeune fille, ce chapeau me donne de l'inspiration ! » La petite fille ne comprenait pas, mais elle était amusée par l'habitude de son père. Assise sur le genou droit de son père, elle le regardait écrire sur la machine à écrire qu'elle et sa mère lui avait offert pour son anniversaire, trois mois auparavant. « Si tu veux savoir, ta mère parle avec un membre de l'ONU » Elle était impressionnée sans savoir ce qu'était l'ONU. Son père fit un léger sourire à sa petite fille et retourna au travail après avoir tiré sur sa cigarette. Curieuse, la petite fille regarde son père tapé sur la machine et elle est captivée. Sa mère fait irruption dans le bureau de son père, embrasse Dëshira sur le dessus de la tête et va s'asseoir dans le petit siège qui n'est pas très loin du bureau de son mari. « Ma chérie, pourquoi n'irais-tu pas jouer dans le salon quelques minutes ! » Le père de Dëshira reconnaît le ton de voix de sa femme, retire son chapeau et prenant son bébé dans ses bras il l'a dépose sur le sol. Lentement, elle se dirige vers l'extérieur de la pièce, suivi de près par son père qui referme un peu la porte. « Adrian, nous avons un problème ! » Son père soupire en se frottant les yeux et soupire de nouveau en fixant sa femme. Il affiche une mine fatiguée. Il attends que sa femme rajoute quelque chose, mais celle-ci semble hésiter sur le choix de ses mots. En fait, elle n'a pas l'air très certaine des paroles qui vont sortir, prochainement, de sa bouche. « Pour l'amour de Dieu Olsa, dit quelque chose » À son tour, Olsa soupire. « Adrian... Il faut que je quitte Tirana pour les États-Unis... » Dëshira a un choc qui lui parcoure le corps tout entier. Elle ne comprends pas tous les mots que sa mère a prononcé, mais elle comprends le verbe « quitter » et elle n'aime pas ce mot. « Comment cela je ? » « Ce n'est pas ce que je voulais dire Adrian... Si je pars, nous partons tous ensemble ! » « Je vois... Nouveau tic, il passe sa main dans ses cheveux. Tu demandes que je quitte ma maison, mon boulot, mes amis ainsi que ma ville chérie pour aller vivre aux États-Unis ? » Olsa voit bien que son mari n'est pas convaincu. « Écoute, c'est une chance pour moi Adrian... Tu sais combien j'aime ce boulot, j'ai la chance de pouvoir le faire, mais je ne veux pas partir sans toi et ma chérie Adrian ! » Son père se lève, exécute quelques pas dans la pièce et prononce : « Je vais y réfléchir » Sans attendre la réponse de sa femme, Adrian quitte la pièce et comme-ci elle était invisible, passe devant sa fille pour aller se prendre une bière.
WASHINGTON, DC + quatorze ans, parc près du domicile Hoxha le 15 juillet 2004 Le soleil chatouillait la peau de Dëshira qui fixait le ciel, émerveillée par-je-ne-sais-quoi. Lunatique de nature, elle ne vit pas arriver le ballon de soccer qui alla se répercuter contre sa tête. Sous le choc, elle tomba à la renverse et se retrouve le postérieur au sol. « Mais... Mais c'était quoi ça ? » Une main sur le front, sourcils froncés elle réouvre les yeux pour regarder le jeune garçon d'environ son âge qui se tient devant elle avec son ballon dans les mains. « Tu vas bien ? Je suis vraiment désolé, mon ami est un crétin ! » Dëshira se sent terriblement mal, frotte sa nuque et fixe le sol. « Tu veux que j'aille chercher un adulte qui pourra appeler tes parents ? » Son regard croise celui du jeune garçon et le jeune homme voit bien qu'elle est terrorisée. « Ou pas du tout, hein ? Tu peux au moins répondre à ma première question, s'il-te-plaît ? » Demande-t-il avec un léger sourire en coin et un léger sourire. Elle arrive à rire à son tour. « Oui, ça va. Enfin, j'espère ! » Le garçon aide Dëshira à se relever et durant quelques secondes voir maximum deux minutes, elle se sent légèrement étourdie. « Vous ne pourriez pas faire attention ? Je m'inquiète pour les futures victimes ! » « Tu es un petite comique... Je m'appelle Devon ! » La brunette hoche la tête, regarde autour d'elle pour voir si les amis de ce cher Devon sont encore présents, mais elle constate rapidement que non. « Si tu cherches mes amis, ils sont partis en voyant que tu ne respirais plus ! » C'est plus fort qu'elle, alors elle lui assène un coup sur le bras. « D'accord, je vois... Il faut que j'y aille sinon mes parents vont s'inquiéter ! » Dit-elle en ramassant le livre qu'elle a laissé tomber sur le sol lorsqu'elle a été frappé. Elle sourit à Devon, contourne celui-ci et se mets en direction pour retourner chez elle. « HEY ! Tu ne m'as pas dit comment tu t'appelais ! » « Mmmh, je sais ! » Elle a un sourire affiché sur les lèvres.
WASHINGTON, DC + dix-sept ans, fête organisé loin du domicile Hoxha le 21 août 2007 « Hoxha ? C'pas un nom qui vient d'un autre pays ? » Dëshira roula des yeux pour la énième fois depuis que la petite fête avait commencée. « J'veux dire, ça ne vient pas d'ici hein ? » Clairement, ce connard n'était plus conscient de ce qu'il disait et pour cause, il avait bu au moins six bières depuis son arrivée. Au loin, elle remarqua Devon qui discutait avec une blondasse qu'elle n'appréciait pas du tout. Elle était jalouse. Uniquement pour la raison que Devon était séduisant, elle l'aimait et qu'il était son copain. Enfin, copain lorsque celui-ci le désirait. Uniquement lorsqu'il le désirait. Sinon, Dëshira était invisible à ses yeux. Devon remarqua également Dëshira et la demoiselle connaissait la suite. Il s'approcherait d'elle avec la blondasse, la présenterait et la blonde se moquerait de son prénom dès plus bizarre. C'était toujours comme ça. « Excuse-moi Mike ? » Elle avait hésité quant au prénom que pouvait avoir ce soûlon, mais elle le prénomma Mike et celui-ci sembla ne pas le remarquer. Tournant les talons, elle se dirigea dans une marche rapide vers un endroit où Devon ne pourrait pas la retrouver. Elle croise les doigts, tout de même. Jetant un regard derrière elle pour s'assurer qu'elle n'a pas été suivi par Devon et la chance est de son côté puisqu'il ne se trouve pas derrière elle... Jusqu'à ce qu'elle fonce dans une personne. « Oh ! Je suis vraiment vraiment déso... » Elle reste muette lorsqu'elle remarque qu'elle a foncé dans l'unique personne dans la maison qu'elle évitait. Forcément, le destin n'est pas de son côté. « J'ai l'impression que tu m'évites ou je suis fou ? » Il n'y avait aucune blondasse derrière lui ou à s'accrocher désespérément à lui. Dëshira laisse échapper un rire, un rire gêné qui veut en dire long. « Tu es fou, crois-moi ! » Devon sourit à la réponse que donne la brunette. « J'ai fais quelque chose de mal Dë ? Dis-le moi. » Elle contemple la bière qui se trouve dans le verre qu'elle tient dans la main. Elle déteste la bière. « Tu n'as absolument rien fait de mal Devon » Il hoche la tête, mais il reste incertain. « D'accord, si tu le dis ! Je crois que je vais retourner auprès de mes amis » « Excellente idée. Va retrouver la blondasse, elle doit certainement être perdue sans toi ! » « Tu dois probablement avoir raison et c'est ce que je vais faire » Devon contourne Dëshira qui n'ose pas le regarder. « Tant mieux ! » Il se trouve déjà bien loin, mais elle sait qu'il a très bien compris les deux derniers qu'elle lui a dit.
CAMBRIBGE, MASSACHUSSETS + vingt-et-un ans, domicile hoxha le 15 septembre 2011 « Maman est au courant que tu entretiens une relation avec une collègue du boulot ? » Son père lâche complètement le crayon qu'il tient dans les mains, soupire et passe une main dans ses cheveux. Le regret peut se lire sur son visage, mais Dëshira n'est pas vraiment d'humeur à entendre des conneries de la part de son père, son héros. « Comment l'as-tu appris ? » Bras croisés sous sa poitrine, elle rigole en regardant le sol quelques secondes. « Tu sais lorsque la sonnette à sonner dans la maison et que tu m'as demandé d'aller ouvrir ? Et bah, devine qui était derrière la porte... Attends, je vais t'aider : une certaine Isabel Devereaux et nous avons eu une discussion des plus formidables » « Que voulait-elle ? De l'argent ? » Dëshira soupire devant les stupidités de son père. « Maman est au courant ou tout se passe dans son dos ? » Son père va pour se lever, mais il ne fait rien et reste assis dans son siège. « Moi et ta mère allons divorcer Dëshira » La demoiselle à l'impression d'avoir reçu un coup en plein ventre qui lui retire tout oxygène. Elle sent le sol se dérober sous elle et elle se voit tomber. « Pour quelles raisons est-ce que vous allez divorcés ? » Questionna-t-elle en se mordant la lèvre afin de ne pas pleurer devant son père. « Elle a découvert que j'avais une liaison avec Isabel ! » « Je vois... J'ai des travaux à faire, j'y retourne » Elle tourne les talons et s'apprête à quitter la pièce. Elle entend son père se verser un verre de cognac qu'il boit en une gorgée. Elle effectue deux pas, pivote légèrement la tête et voit son père la regarder : « En passant, Isabel est passée pour te dire qu'elle avait perdue ton enfant ! » Dëshira prononce ces mots sans aucun remords.